voici.jpg (5035 octets)   N° 639  Hebdomadaire du 6 au 13 février 2000

 

ON OSE L'HYPNOSE !

                                                                            Clémentine MEUNIER

 

En France, médecins, dentistes, anesthésistes et psychothérapeutes pratiquent cette technique validée par l'Organisation Mondiale de la Santé.

Elle soulage les maux difficiles à soigner 

    L'hypnose médicale se base sur un principe simple: le malade est capable de guérir... mais il ne le sait pas. Tout l'art du thérapeute consiste donc à amener le patient à retrouver, dans son inconscient, la solution qui lui convient. En pratique, le praticien vous fait asseoir ou allonger confortablement. Puis il vous parle et. en calquant le ton et le ryth- me de sa voix sur votre respiration  vous plonge dans un état de conscience modifié.

    Pour le Dr Patrick Kervinio, hypnothérapeute à Paris, c'est un état très courant. « C'est celui dans lequel on est lorsqu'on regarde un film ou qu'on écoute de la musique. L'esprit se centre sur l'image ou le son et oublie le raisonnement pour privilégier la sensation. » Or, l'esprit est plus ouvert dans la visualisation et la perception. En état d'hypnose, il devient donc plus facile de parler, de raconter ses peurs, ses blocages et aussi d'envisager différentes solutions

     C'est ainsi que par le biais d'images, de métaphores, de suggestions indirectes. le thérapeute va aider son patient à effectuer un travail sur lui-même, et à trouver en lui la voie de la guérison.

    L'hypnose soulage ainsi des maux réputés difficiles à soigner: problèmes sexuels, maladies psychosomatiques, boulimie. stress. Elle est également utilisée comme analgésique, pour prévenir ou atténuer la douleur lors de petites interventions chirurgicales. voire durant un accouchement.

ça marche pour la migraine...

«La migraine, c'est comme un puzzle qui s'assemble au fil des heures et qui, une fois terminé, se traduit par une crise », explique le Dr Victor SIMON, hypnothérapeute à Lille et à Paris. Après avoir plongé son patient en état hypnotique, le praticien lui fait donc revivre les jours et les heures qui ont précédé la crise, pour repérer les indices qui se sont manifestés: irritabilité, sensibilité visuelle accrue (on est gêné par la lumière), accès de boulimie, exacerbation des perceptions olfactives. Puis il lui enseigne les règles de l'auto hypnose afin qu'à l'avenir, il puisse modifier ces symptômes aussitôt qu'ils se manifesteront. De cette manière, il empêchera le puzzle de se constituer et de se « coaguler » en migraine.

pour les petits problèmes de peau...

    La peau est la seule barrière entre le monde extérieur et nous. Equipée de capteurs ultra perfectionnés, elle fonctionne à la manière d'un système d'information et joue le rôle d'interface. C'est pourquoi elle est souvent le reflet du psychisme. La pelade (perte des cheveux par plaques) traduit généralement un choc psychologique important (abandon, deuil). Dans le cas du psoriasis, c'est plutôt un deuil abstrait (la perte de ses illusions) qui est en cause. « Cette affection dermatologique permet au patient de manifester son agressivité. Parce qu'il n'a pas de mots à exprimer, il va sortir des maux (sic) », explique le Dr SIMON. Rien ne sert donc de traiter le psoriasis sans s'attaquer à l'agressivité. «Si on s'intéresse seulement au symptôme, on va se heurter à une résistance maximale. Tandis que si on s'attaque au sens du symptôme, ce dernier n'a plus lieu d'être et disparaît» Le praticien devra donner des éléments de réflexion à la personne sous hypnose pour que des changements s'opèrent dans son esprit.

et même pour l'impuissance

Désir de performance, peur de ne pas être à la hauteur, antécédents traumatisants, les raisons de l'impuissance sont variées. Après s'être assuré de l'absence de cause organique, l'hypnothérapeute va s'attacher à comprendre où se situe le problème. Puis, en fonction de la vie professionnelle et culturelle du patient, il va utiliser son vécu pour l'aider à surmonter son problème.

« On va par exemple le plonger dans un souvenir qui fait intervenir tous ses sens car en matière de sexualité ce sont les sensations(dégoût, peur. désir) qui créent le blocage   ou qui ne s'expriment pas, indique Corinne Antoine, psychothérapeute clinicienne . Là, on va pouvoir cadrer et recadrer les choses, montrer différentes voies. Par exemple, s'il va à la plage la plage et qu' il trouve un arbre allongé sur la route, que va -t-il faire passer par-dessus, le contourner ou appeler de l'aide ? Au fil des séances, d'autres images, d'autres suggestions vont ainsi l'aider à  obtenir des améliorations.


Pour plus de renseignements, consulter l'un des centres suivant:


        26, Parvis Saint - Michel  . 59000.  Lille. Tel : 03.20.57.40.07