Impact Médecin N°417, 13 juillet 1998

De l'ulcère aux maladies de peau

Toutes les maladies psychosomatiques peuvent s'améliorer sous hypnose. Notamment les ulcères gastriques et les troubles digestifs coliques, qu'ils soient fonctionnels ou organiques. L'utilisation de l'hypnose respecte le symptôme et son sens, permettant au thérapeute de s'en faire un allié plutôt qu'un ennemi. C'est en effet le patient lui-même qui, participant activement au traitement trouve les solutions à ses problèmes. La peau, siège du regard des autres, est également le reflet de la psyché: un lien a été démontré entre certaines dermatoses comme la pelade ou l'eczéma, et l'existence de traumatismes psychoaffectifs, qui réapparaissent sous hypnose. Autre exemple, celui apporté par un patient de 36 ans, atteint d'une dermatose érythématosquameuse défigurant le visage et évoluant depuis 11 ans, malgré la mise en œuvre de tous les traitements possibles et imaginables. L'hypnose a en fait permis de révéler le bénéfice du symptôme, protégeant la patient, qui était un ancien séducteur, contre les femmes.


POUR EN SAVOIR PLUS

  • Institut de Médecine psychosomatique,
    d'hypnose clinique et de thérapie brève de Lille
    Tel : 03 20 57 40 07.

  •  

    Centre Communication & Changement
    8 avenue Victor Hugo 
    75016 PARIS Tel 01 45 00 46 10

  • Le New Scientist du 4 juillet 1998 comporte un dossier sur l'hypnose.

La douleur envoûtée

L'hypnose, mais aussi une récente méthode fondée sur les mouvements oculaires, sont de nouveaux recours dans le traitement des pathologies douloureuses.

Technique très largement appliquée aux Etats-Unis, l'hypnose vient de faire l'objet de la deuxième université francophone d'été consacrée à ce thème (Lille). D'autre part, la première cœlioscopie réalisée récemment sous hypnose montre également l'intérêt croissant consacré à cette méthode (IMH 412 du 5 juin 1998).

"c'est un phénomène naturel, spontanément expérimenté par chaque individu, pour se reposer l'esprit. le but du thérapeute est d'apprendre aux patients à utiliser cette formidable ressource", explique le Dr Victor SIMON, gastro-entérologue qui enseigne cette méthode à l'institut de médecine psychosomatique et d'hypnose clinique de Lille. L'hypnose est la meilleure des techniques pour accéder au cerveau inconscient du patient, à condition d'être pratiquée par de vrais spécialistes. "L'état de transe qu'elle induit conduit progressivement à une diminution puis à une disparition de la douleur", poursuit ce praticien. Ce qui explique son utilisation dans des pathologies aussi diverses que les migraines, les douleurs gynécologiques chroniques, voire même les douleurs cancéreuses.

 

L'hypnose appliquée à 60 patients atteints de maladies néoplasiques à localisations multiples, a en effet mis en évidence une très grande suggestibilité de ces malades. D'où une réduction de leur angoisse et de l'intensité de leur douleur. "Plusieurs techniques de stimulation peuvent être appliquées au cours de l'hypnose, afin d'aider à avoir une représentation précise et complète de sa douleur" ajoute le Dr Jean-Marc Benhaïem, psychanalyste et hypnothérapeute (Paris). Des stimulations telles que fourmillements, vertiges, nausées, ou sensations de chaleur peuvent être provoquées sous hypnose. Des stimulations externes, comme la pesanteur ou la compression, ont quant à elles pour finalité l'émergence du corps.

Une représentation imagée de la douleur

Enfin, des techniques spatiales font intervenir la mise en équilibre de l'organisme et sa relation au monde extérieur. Ces trois types de méthodes d'éveil permettent ainsi au sujet d'avoir une conception sensitive, émotionnelle et anatomique de son corps. "Autre outil efficace, nouveau et très prometteur dans le traitement de la douleur, celui désigné sous les initiales EMDR, en français, méthode de désensibilisation et de réassociation par les mouvements oculaires." S'enthousiasme le Dr Alain Vallée; psychiatre et psychothérapeute à Nantes. Le patient doit tout d'abord donner une représentation imagée de sa douleur, puis s'efforcer d'en donner une vision de moins en moins négative . des mouvements oculaires répétés, associés à cette représentation cognitive, provoquent une excitation de la substance réticulée ascendante, qui reçoit et intègre toutes les sensations parvenant à l'encéphale. D'où une diminution de la sensation douloureuse, résultant de la mise en jeu de ces représentations positives.

Dr Gabrielle Bitan

 

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