Du mal-être au mieux être….ou savoir écouter l'écho en soi

echo.jpg (26347 octets)

Une méthode qui fait l'éloge de la liberté.

Extrait de l'interview faite par Carole Thibaudeau, du quotidien  de Montréal " La Presse " Cahier Santé du 21 mars 1999

Dans un local du campus Notre-Dame du Centre Hospitalier de l'Université de Montréal, dix à quinze personnes se laissent guider mentalement par la voix d'un animateur. Les yeux sont fermés, les poses sont «relaxes»: assis ou couché. Une fois par semaine, ces personnes font l'apprentissage de la méthode Écho, mise au point par le Pr Jean-Charles Crombez, médecin, psychiatre et psychanalyste, attaché au CHUM.

La plupart des participants ont été envoyés ici à cause d'un problème ressenti comme à la limite du supportable: cancer, sclérose en plaques, syndrome de stress post-traumatique, fibromyalgie, deuil. En bref. le sentiment d'être dans une impasse.

Écho n'est ni une médecine alternative ni une approche ésotérique ni une nouvelle psychothérapie. C'est plutôt une méthode de travail intérieur qui procure un mieux-être et favorise les processus de guérison. Elle peut être vue comme complémentaire un traitement médical.

«Lorsqu'il nous arrive un gros problème, il nous en arrive en fait deux, résume brièvement Jean-Charles Crombez. Le problème lui-même: une maladie grave, une vulnérabilité génétique, une lourde perte... Et une deuxième difficulté, qui est l'effet que cette circonstance de vie a sur nous.»

Cet effet, c'est le "mal-être". La personne se fige comme l'escargot qui rentre dans sa coquille, et elle paralyse du même coup ses processus de guérison. «Écho s'adresse au mal-être de façon spécifique, explique Crombez. Alors que le traitement médical ou la psychothérapie s'adresse au traumatisme.»

L'apprentissage d'Écho demande environ trois mois. Assez rapidement, le mal-être s'estompe. Accessoirement, des symptômes auparavant aigus s'atténuent, ou même disparaissent. On poursuit sa vie plus sereinement.

Comme le précise Jean-Charles Crombez, la méthode Écho ne guérit pas. Mais elle favorise les processus de guérison qui sont constamment à l'œuvre en nous, même quand nous sommes malades, comme en témoigne la coupure qui guérit ou le fait de se remettre d'une opération ou d'une chimiothérapie.

« La méthode Écho, affirme-t-il, s'adresse aux processus intelligents à l'œuvre à l'intérieur de nous. Nous possédons des pouvoirs de guérison, qui ne sont pas illimités mais qu'il vaut la peine de développer et de soutenir le plus possible. »

Le cas de Lise -un nom d'emprunt -, infirmière de son métier, illustre bien le rôle que peut jouer Écho dans un processus de guérison et dans la vie tout court. En décembre 1997, à 50 ans, Lise apprenait qu'elle était atteinte d'un cancer du sein, « de type 2, en phase 2, assez important. » Elle a tout de suite pensé à son histoire familiale : Lise est l'aînée de cinq enfants, dont trois déjà sont décédés du cancer.

« Malgré cela, j'étais certaine de guérir, relate-t-elle. J'ai lu beaucoup sur les témoignages de guérison. Je me suis mise très tôt à pratiquer la visualisation. J'ai accepté de suivre deux traitements de chimiothérapie de quatre mois chacun. J'avais une attitude très confiante. Au cours de ma carrière d'infirmière j'ai vu beaucoup de gens guérir du cancer. »

Mais la vie n'en fait qu'à sa tête et après le troisième mois de chimiothérapie, la tumeur de Lise avait grossi. « Pour moi, ç'a été l'horreur, relate-t-elle, un épisode d'angoisse très, intense. » Par hasard, Lise tombe sur une émission télévisée de Claire Lamarche, où Jean-Charles Crombez expose les grandes lignes de sa méthode Écho. Très attirée par cette approche, elle prend contact avec lui, assiste à quelques séances de groupe puis s'engage dans une série de sessions individuelles ( 15 ou 16 ).

" Ce que je retiens de plus précieux de ce travail intérieur, c'est l'attitude de « témoin » que l'on adopte face aux événements de la vie. C'est une nouvelle façon d'être, de voir et de sentir. Je perçois mieux les choses et cela me permet d'être moins vulnérable, moins en osmose avec les miens. »

Lorsqu'elle a commencé à pratiquer Écho, Lise a senti « qu'il se faisait un tournant » dans son processus de guérison. À la fin du deuxième cycle de chimiothérapie, son chirurgien a confirmé que la tumeur avait diminué des trois quarts.

« Au premier cycle de chimio, même si je faisais de la visualisation et que j'avais un esprit très positif, je n'avais pas les outils de travail mental pour aider à la guérison, explique Lise. En bout de ligne, je pense que j'ai guéri grâce à la chimiothérapie, à la radiothérapie, à la chirurgie et à Écho. »

Écho a fait prendre conscience à Lise qu'elle devait s'occuper davantage de son corps, même maintenant qu'il est guéri du cancer. " Je ne veux plus jamais le laisser à la dérive comme avant, affirme-t-elle. Je fais du yoga à tous les jours, le volet exercice et le volet méditation. »

Lise aime son travail et se prépare à y retourner d'ici quelques mois. Elle a l'intention de continuer à pratiquer Écho et le yoga. " Ce n'est pas si facile que ça, Écho, au début. Les mouvements que cela déclenche à l'intérieur de soi ne sont pas toujours confortables. Il faut vouloir et moi, je voulais beaucoup. »

 

Retour à la maquette du livre