PREVENIR, DEPISTER, GUERIR
DE L'ABUS SEXUEL
Dr Victor SIMON, MD.
Comunication & Changement
8 avenue Victor Hugo 7
75016 PARIS
PARIS. France
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Un livre nouveau sur cet effroyable problème en savoir plus ? Editions Armand Colin. Paris. mai 2004 |
Extrait des interventions des 6 & 7 Mars 2001
Congrès - Etats généraux de la Maltraitance en 2001 - Université de Lausanne.
Commission Consultative Cantonale pour la Prévention
des Mauvais Traitements envers les Enfants
1 - Ces enfants qu'on écartèle entre l'amour et la violence. (Conférence plénière)
2 - Repenser la prise en charge des victimes de la maltraitance. (Atelier)
De nombreuses études faites dans des pays occidentaux
(Canada, U.S.A, Suisse et d'autres pays d'Europe)
mettent à jour une insupportable vérité :
33 % des filles et 11 % des garçons de moins de 15 ans
subissent des attouchements sexuels ou sont victimes de rapports incestueux
Dans 50 % des cas signalés, la première agression est survenue avant l'âge de 12 ans,
et 5 % des victimes subissaient encore des sévices lors de l'enquête en cours.
Il faut souligner que dans 20 % des cas pour les filles, 6% pour les garçons,
l'auteur de l'abus est un membre de la famille
Le plus révoltant est que seulement 16 % des viols sont rapportés à la police.
Les parents, bien souvent, ne croient par l'enfant et préfèrent lui demander d'oublier cette histoire et surtout ne plus en parler. Les adolescentes taisent la situation de peur de devoir la raconter au Collège, aux amis ou à la famille, protégeant involontairement l'abuseur qui peut continuer son forfait.
Le plus étonnant est que les femmes adultes ne rapportent pas l'agression par peur de la réaction de la police ou bien encore d'être blâmées par leurs proches, quand on ne les accuse pas ouvertement d'avoir provoqué l'abus par leur comportement ou leur tenue !
Il faut savoir que l'abus sexuel incestueux envers un enfant est grave, car celui-ci est incapable de donner son accord , même s'il est "consentant". Nombre des patients, même adultes, nous le signalent bien : " je savais bien qu'il se passait quelque chose d'anormal mais je sentais bien aussi que je ne pouvais pas dire non à mon père, puisqu'il me disait qu'il m'aimait beaucoup, et que surtout il ne fallait pas le dire à maman, parce qu'elle mourrait de chagrin si elle apprenait cela ! "
Remarquable perversité de l'abuseur qui maintient sa victime dans une double contrainte et obtient ce qu'il veut : son plaisir et le silence.
Il est donc utile de repérer très vite les indices qui permettent de détecter l'abus sexuel chez l'enfant, l'adolescent ou l'adulte. Mais encore faut-il écouter et vouloir entendre ces choses là, et le sacro-saint principe d'homéostasie familiale " faisons tout comme s'il ne ce passait rien, et faisons comme si tout allait bien " permet de voir s'installer des complicités bienveillantes au sein de la famille incestueuse, notamment de la mère, qui bien souvent a été elle-même l'objet de ce type de situation.
La plupart du temps, le patient est vu distance de l'abus, dans un contexte tout à fait différent : anxiété, dépression, mal-être indéfinissable, troubles du comportement : scolaire, familial, alimentaire, sexuel, toxicomanies... et bien d'autres signes qu'un clinicien averti doit pouvoir rattacher à l'abus sexuel et l'effet dévastateur psychique qu'il engendre : l'Etat de Stress Post Traumatique - ESPT - (ou Post Traumatic Syndrome Disorder - PTSD -), bien décrit dans le DSM IV (la Bible de l'American Psychiatry Association).
L'Hypnose ericksonienne est très utile pour traiter les victimes de l'abus sexuel. Le PTSD engendré par l'abus, entraîne, notamment, des flash-back (images de l'épisode traumatique), des états de déconnection et de rêverie sans objet et d'autres symptômes caractéristiques d'un état de dissociation psychique.
Cet état de conscience modifiée, qui apparaît spontanément dans le cadre pathologique du PTSD, est quasi superposable au travail hypnotique, qui lui se situe dans un cadre thérapeutique, où le médecin intervient pour aider le patient à se restructurer psychiquement.
L'approche de l'hypnose ericksonienne, très soucieuse du respect du psychisme du sujet, permet ce travail dans un cadre de sécurité, où l'éthique médicale, favorise cette entreprise de reconstruction personnelle, non pas de la mémoire du sujet ou de l'histoire de sa vie, mais des affects et émotions douloureuses liés à ce drame enfoui.
Il s'agit là d'un véritable travail de reconstruction de la personnalité qui peut alors se faire sur des objectifs qu'il a librement choisi pour lui permettre de se réinsérer dans une vie personnelle, familiale et sociale harmonieuses et pacifiées.