Les Abstracts de l'Université d'Eté

Copyright Epidaure 1996


Vous trouverez le résumé des conférences, tables rondes et ateliers qui ont eu lieu au cours des 3 jours de travail. Le classement est fait par ordre alphabétique.
Il sera publié prochainement un livre qui reprendra l'intégralité des interventions.

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Sommaire


Images du corps et psychosomatique

Jean-Pierre CHAMBON - Psychanalyste 


Notre idée de poser les "Images du corps" au sens pluriel, en lien avec les syndromes psychosomatiques, est une perspective clinique. Cette perspective s'appuie sur les interactions , les transactions précocissimes dans la relation mère-enfant, parent-enfant.

En poursuivant dans cette voie, nous pouvons comprendre ce qu'un enfant développe très tôt dans la relation, pour satisfaire soi ou ses parents.

La voie des expressions psychosomatiques de l'enfant nous renseigne sur le compromis relationnel, le prix corporel de l'adaptation aux échanges préférentiels parentaux.

L'enfant, l'adolescent intègre dans son développement narcissique les "Images du corps" nouées au syndrome psychosomatique comme un "Tout", une sorte de 'Valeur Jouissive".

Nous aurons à montrer comment le thérapeute travaille, tel un funambule, sur le fil tendu entre le Corps et ses Images, pour un remaniement moins souffrant.

L'image du funambule est une traduction de la place du thérapeute, de son orientation auprès des patients.

Il ne s'agit pas seulement pour lui de débarrasser le patient de son syndrome psychosomatique, il s'agit en même temps de soutenir le sujet dans son travail de remaniement de l'Image du Corps, de séparation d'avec les Images du Corps fixées au syndrome.

Le travail du thérapeute, dans sa responsabilité, est de conduire le sujet dans l'expérience du réel du Deuil, ou "perte pure".

Enfin, le sujet perd à travers la perte de son syndrome et des images qui s'y rattachaient, sans gagner en équivalence.

Il passe d'abord par un vide angoissant, nécessaire à un gain de Sujet qui se libère.

 


La métaphore de l'écho, L'écho de la réalité, La réalité de la métaphore

Pr Jean-Charles CROMBEZ - Psychiatre


Il y a des clients, il y a des circonstances pour lesquels il est impossible de faire naître des compréhensions, des liens qui pourraient faire l'objet de ce qu'on appelle thérapie. Ainsi de graves maladies, des chocs traumatiques, des crises soudaines, des pertes majeures. Mais aussi des situations chroniques, habituelles, ne posant plus question. Le psychisme s'éteint ou s'est éteint, paralysé, sidéré, stagnant.

L'intervention doit être pensée autrement, doit être construite différemment. Nous ferons part d'abord de la méthode ECHO qui a pu opérationaliser certains outils dans l'approche de maladies ou de situations qui ne permettaient pas la parole. Cette pratique simple a amené certaines observations et certaines réflexions très intéressantes sur les questions de réalité et de pouvoir.

Du coup, on peut concevoir l'utilisation de métaphores sous l'angle de techniques nécessaires lorsque certaines composantes du psychisme font défaut. En somme l'écho fonctionne comme une métaphore, faisant accéder à une autre réalité, permettant un effet de la métaphore sur cette réalité.

Quelques exemples cliniques émailleront cette élaboration.

 


Réflexions sur la pratique de l'hypnose ericksonienne et des théories systémiques.

Maladies psychosomatiques : quelle hypnose pour quels changements ?

Docteur Bruno DUBOS - Psychiatre


 L'auteur évoquera à partir d'exemples cliniques (dermatologie et rhumatologie), comment l'exercice de l'hypnose ericksonienne et une démarche d'approche systémique et globale des patients, venant en séance avec leur symptôme physique, l'ont incité à s'interroger sur ce qui est en jeu, pour le patient et le thérapeute, à la fois dans le maintien du symptôme comme dans sa modification ou sa disparition, là même où peuvent se produire d'autres changements imprévus et thérapeutiques.

  


Les désordres dissociatifs : comment structurer le traitement pour minimiser la désagrégation psychologique.

Catherine G. FINE - Ph.D


Le stress traumatique chronique apparu dans l'enfance est à la base de l'apparition des désordres dissociatifs.

Ces désordres entraînent des conséquences sévères tant dans le développement de l'enfant que dans le fonctionnement de l'individu adulte. L'emprise des désordres dissociatifs sur le sujet entraîne un impact psychologique mais aussi sur le fonctionnement physiologique (désordres psychosomatiques sévères) et social (difficultés dans le cadre des relations interpersonnelles dans l'emploi et l'industrie).

Longtemps crus intraitables, les désordres dissociatifs répondent avec succès à un traitement structuré facilité par l'hypnose, utilisée de façon formelle ou non.

Cette présentation décrira une méthodologie cognitive permettant de structurer le traitement de ces désordres, qui aura pour effet de non seulement stabiliser la personne en crise mais aussi de faciliter l'intégration des éléments dissociés de la personnalité.

 


Effets secondaires imprévus durant, et suite à un traitement d'hypnose. Description des cas.

Docteur Ouri GAN-EL


Seront décrits deux traitements d'Hypnose.

Le premier, durant une artériographie coronaire.

Le second, d'un syndrome du côlon irritable.

Durant ces 2 traitements, sont apparus de sévères effets secondaires :

- diminution du rythme cardiaque,

- forte chute de tension,

c'est-à-dire un sévère réflexe vaso-vagal.

Ceci a nécessité une intervention médicale.

Je passerai en revue le peu de bibliographie ayant trait à ce sujet et j'essayerai d'expliquer le pourquoi et le mécanisme de ces réactions, qui sont probablement liés à la façon d'approcher le problème.

Ces effets secondaires renforcent l'hypothèse que l'hypnose et le phénomène de relaxation que cela comporte, stimule le système parasympathique.

 


Hypnose maternelle et maternalité

Yves HALFON. Psychologue


 La "maternalité" selon Racamier correspond à tout ce moment compris entre la conception de l'enfant, la grossesse, l'accouchement et l'instauration de la relation mère-enfant. La grossesse est un temps de passage où se remanient les images, les souvenirs et le corps.

Ces temps forts de la grossesse et de l'accouchement peuvent fragiliser un grand nombre de femmes : les bouleversements physiologiques et psychologiques, tels la modification du schéma corporel, les relations affectives, tactiles et imaginaires avec l'enfant in utero, le retour à son passé, la montée des angoisses, sont des périodes où la femme peut avoir besoin d'une aide. C'est un moment où la femme vit une grande plasticité émotionnelle, et où pour devenir mère, elle puise dans son passé des souvenirs anciens et des comportements inscrits dans l'enfance (besoin d'être entourée, besoin de tendresse et de compréhension).

L'aide du soignant se construit sur l'entretien clinique et peut s'élaborer autour de la pratique hypnotique. Car l'hypnose, au delà des suggestions thérapeutiques est aussi une relation qui renvoie vers des relations anciennes, apprises dans l'enfance. Selon Ferenczi, dans la relation hypnotique, l'objet passif est l'hypnotiseur et il se rejoue sur lui, de la part de l'hypnotisé, des rééditions de mouvements affectifs apparus dans la première enfance, puis refoulés dans l'inconscient.

L'hypnose est-elle en fait, d'essence féminine ? Ce qui lui donnerait cette efficacité dans les prises en charge en maternité. L'hypnotiseur fait don de ses paroles. La suggestion, construite sur le discours métaphorique de la patiente est reçue comme une bonne nourriture, et d'après B. Cyrulnik, l'homme, de part son aptitude à la parole, connaît doublement l'hypnose : "Une première fois, grâce aux structures sensorielles perçues, comme un nouveau-né face à sa mère ou un homme devant un feu ; et une seconde fois, par la fonction sémiotique de ses perceptions."

 


Insomnie et hypnose

Brigitte KOESSLER. Psychologue Clinicienne


 Les Grecs de l'antiquité disaient que le Dieu du sommeil Hypnos vivait au plus profond d'une caverne où les rayons du soleil n'entraient jamais et cette caverne était traversée par les eaux du Léthé, le fleuve de l'Oubli. Ils représentaient Hypnos sous les traits d'un enfant aux yeux fermés, protégé par des ailes. Son fils Morphée, dieu des rêves avait des ailes et pouvait voyager où cela lui plaisait, sous toutes les formes qu'il désirait.

Nous verrons au travers d'un cas clinique, comment permettre ce passage vers le voyage du rêve grâce à l'hypnose ou un état d'hyper éveil.

 


Construire la motivation du patient : le levier de base de la thérapie

Françoise KOURILSKY-BELLIARD. Psychologue


 La négociation des objectifs à atteindre est une phase capitale en thérapie brève, néanmoins celle-ci s'avère insuffisante si elle n'est pas accompagnée d'un changement dans la construction de la réalité du patient afin d'ouvrir le champ de ses possibilités et l'accès à ses ressources.

L'échange des regards entre le thérapeute et son patient établit la nature de leurs relations dont résultera la motivation ou la démotivation de chacun.

La motivation du patient est une des qualités émergentes de la thérapie : le patient indique toujours au thérapeute, et ce, à son insu, comment le motiver.

Le plus souvent c'est moins le patient qui serait démotivé que les modes d'interaction thérapeutiques qui le démotivent.

La motivation du patient n'est pas une donnée, ni un état, mais un processus à provoquer : à l'instar d'un feu de cheminée, la motivation se construit, s'alimente, mais aussi se dégrade et se gaspille si elle n'est pas entretenue et stimulée par une relation négociatrice de coopération et d'entraide, relevant le plus souvent de stratégies parodoxales.

Motivation et démotivation résultent d'attitudes mentales et comportementales apprises le plus souvent inconsciemment. Ce n'est pas que les patients ne veulent pas ou ne peuvent pas se motiver c'est qu'ils ne savent pas comment y parvenir : l'une des fonctions du thérapeute est de le leur apprendre.

 


Deuil et Psoriasis

Docteur Jean-Philippe LENOIR. Psychiatre Psychothérapeute

Dr Marie-Laure Hamon & Dr Michèle SIMON. Dermatologues et Psychothérapeutes


 Je désire que cet atelier, table ronde, soit le plus interactif possible, en fait nous venons tous échanger sur nos différentes expériences et c'est cela qui est réellement enrichissant.

Le deuil est au centre de toutes les psychothérapies et nous le retrouvons particulièrement au centre de ce sujet.

Alors, après un rappel des études internationales sur le psoriasis et le deuil ou plus exactement du stress, nous évoquerons en lien avec ces travaux quelques exemples à partir de nos patients, ce qui permettra d'ouvrir ensemble une réflexion et un débat.

 


Victimologie ou psycho-traumatologie ?Des concepts aux pratiques

Docteur Gérard LOPEZ. Psychiatre. Directeur de l'Institut de Victimologie


 Le psycho-traumatisme était le parent pauvre de la psychopathologie avant la parution du DSM III qui a redonné toute son importance à une pathologie courante dont la prévalence serait de 1 % au moins, dans la population générale.

Dans le même temps, pénalistes et criminologues s'opposaient aux partisans (militants ?) de l'aide aux victimes dans le cadre de la Société mondiale de victimologie, discipline fondée avant la seconde guerre mondiale par Benjamin Mendelsohn en Europe et Hans von Hentig aux Etats-Unis.

Absents des débats, psychiatres et psychologues confondent toujours victimologie et psycho-traumatologie. Cette méprise est très préjudiciable pour les patients, car la prise en charge de victimes nécessite, outre de bonnes connaissances de la psychopathologie et du traitement, un savoir propre aux autres disciplines qui constituent la victimologie : droit, aide aux victimes, socio-criminologie enfin. La victimologie naissante a permis aux différents acteurs de ces disciplines de se fréquenter et de s'enrichir mutuellement.

Mais c'est bien le traumatisme et plus particulièrement le traumatisme psychique qui donne, aux psychologues et aux psychiatres, une compétence et une responsabilité victimologique particulière et qui leur permet de faire le lien avec toutes les autres disciplines. Cependant, connaissances cliniques et savoir faire thérapeutique (thérapies familiales et individuelles, thérapies cognitivo-comportementales, techniques adjuvantes comme l'hypnose, l'EMDR) ne suffisent pas. Le parcours des victimes, parfois très long et douloureux, est marqué par la survictimation (appelée encore victimation secondaire) qui survient lorsqu'elles se heurtent aux institutions sociales et judiciaires et notamment à certains experts chargés d'évaluer les préjudices ou pire à établir la crédibilité des allégations des victimes d'agressions sexuelles par exemple. Le thérapeute doit, par conséquent, savoir diriger les victimes vers les structures d'accompagnement social et judiciaire, faute de quoi son action thérapeutique pourrait être vaine ou constamment polluée pars des demandes de conseils divers pour faire face aux difficultés sociales qui s'amoncellent et qui la compromettent. C'est ce qui nous fait dire que le traitement des victimes est un travail de réseau, thème de cette intervention.


Stratégies thérapeutiques du bruxisme

Docteur Edmond MALKA. Chirurgien-Dentiste


 Le bruxisme est un problème de plus en plus préoccupant, touchant particulièrement les jeunes, et qui ne peut aller qu'en s'aggravant.

Les traitements occlusaux, prothétiques et orthodontiques sont satisfaisants mais insuffisants.

On peut les compléter en faisant participer activement le patient, en le motivant et le responsabilisant.

Les stratégies comportementales et les méthodes ericksoniennes sont des outils complémentaires, qui amènent le patient à changer de comportement à partir d'apprentissages conscients et inconscients.

 


Approche personnalisée de la surcharge pondérale

Dr Camille MARIEN


L'obésité résulte d'une assuétude aussi difficile à traiter que la toxicomanie et le tabagisme. Seulement 5 % des obèses perdent du poids sans rechuter.

Quelle est la place de l'hypnose dans une approche multidisciplinaire de la surcharge pondérale ?

A travers le récit d'une expérience pratique, cette présentation décrira une approche hypnotique dynamique de ce problème, en particulier : les éléments de l'anamnèse, les recadrages, le registre sensoriel, les métaphores, les suggestions utiles qui pourront faire de la thérapie un apprentissage vers la stabilisation à long terme.

 


Ejaculation prématurée, hypnose et thérapies cognitivo-comportementales.

Jacques MARIQUE. Psychothérapeute-Sexologue


 Au lieu de pester contre les ténèbres, allume une bougie.

Une patiente disait de son mari : "tu es comme tous les hommes, à peine arrivé tu es déjà parti".

De tout temps, il a été difficile à l'être humain de définir ses conduites ; l'éjaculation prématurée n'échappe pas à la règle. Les thérapies de ce trouble ont aussi souffert du manque de consensus sur une définition claire du problème.

L'insatisfaction liée aux résultats fort variables des différents traitements jusqu'ici proposés nous a amené à revoir notre pratique et à combiner plusieurs modes thérapeutiques, nous faisant dès lors parler d'approche multi-modale ou plutôt de stratégie multi-modale.

L'hypnose en ce sens est un outil de choix, elle permet une créativité tant dans l'exploration par le patient de son trouble défini par lui, que dans la mise en place d'un traitement proprement dit.

C'est ce que nous allons illustrer à partir de la situation d'un homme, ou plutôt de son couple.

Celui-ci est un vieux routier des consultations médicales, psychothérapeutiques et sexologiques et son "expérience" peut nous en apprendre sur nos pratiques multiples et leur impact sur les consultants.

 


Approche psychosomatique des douleurs gynécologiques chroniques

Docteur Sylvain MIMOUN. Psychiatre. Andrologue. Gynécologue


La sphère gynécologique est un lieu d'une sensibilité intense tant pour le plaisir que pour la gêne ou la douleur. Quand celle-ci devient obsédante, récalcitrante, la répercussion sur le psychisme est obligatoire et ce même si des causes organiques existent. Cependant celles-ci doivent toujours être recherchées avec soin, en n'oubliant pas que la lésion ne fait pas la maladie et encore moins la plainte de la femme.

Pour elle, ce symptôme a peut-être un autre sens (conscient ou inconscient), à fortiori s'il a une interférence sur la fonction sexuelle.

Schématiquement, on peut répertorier les causes psychologiques comme suit, en allant des causes les plus immédiates, les plus superficielles, les plus conscientes, vers les causes les plus profondes, les plus inconscientes :

- les problématiques psycho-sexuelles,

- les conflits conjugaux et/ou relationnels,

- les syndromes dépressifs (masqués),

- les états névrotiques.

La prise en charge thérapeutique

Une des principales difficultés rencontrée quand on est face à une femme qui se plaint d'algies gynécologiques chroniques, c'est d'aborder la phase thérapeutique. Autant rechercher les éléments diagnostiques de ces troubles fait partie de la démarche habituelle de tout praticien, autant mettre en place une thérapeutique adaptée nécessite de faire appel à une association de moyens.

Pour apaiser ce type de plainte il faut le plus souvent des consultations répétées, qui associent les moyens médicamenteux certes, mais aussi une approche psychosomatique qui aide ces femmes à percevoir les conflits sous-jacents qui s'expriment par leur plainte. Qu'il s'agisse de frustration sexuelle qui ne peut se formuler, de désamour de soi, ou encore de difficultés relationnelles, la plainte mise en avant pouvant être alors un appel à l'aide.

 


Le syndrome post-avortement : description et prise en charge

Docteur Elisabeth NOTTALE. Psychiatre


 La pathologie qui peut survenir après une IVG est classée par certains auteurs dans la catégorie des PTSD (post traumatic stress disorder), avec en particulier le deuil pathologique, comprenant les réactions dépressives immédiates ou différées, pouvant aller jusqu'au suicide, le sentiment de honte ou de culpabilité. Des troubles du comportement comme des conduites addictives sont décrits, de même que des manifestations somatiques diverses mais surtout de la sphère uro-génitale et des seins. (Rappelons une importante controverse concernant les cancers du sein apparus dans les suites d'IVG).

Cette pathologie est souvent méconnue du corps médical qui est cependant tenu d'informer des risques de cette intervention. Son implication dans les IGM à titre eugénique rencontre très peu de résistance et nous ne pouvons lire que peu de publications sur les conséquences pourtant dramatiques de cette intervention sur les parents.

De ce fait, les victimes de l'avortement ont beaucoup de difficultés à rencontrer des soignants qui pourront être pleinement à l'écoute de leur souffrance. La honte et la culpabilité, ou encore le déni constituent en général des freins importants à la demande d'aide.

La prise en charge d'une personne souffrant des suites d'un avortement demande de la part du thérapeute une conscience claire de l'intensité de la souffrance provoquée, et une très grande bienveillance. Signalons l'efficacité des thérapies en petit groupe.

 


"La dimension familiale des troubles psychosomatiques de l'adolescent"

(aspect métaphorique, loyautés familiales, "sacrifice" et parentification)

Docteur Christian PETEL


 * Les troubles psychosomatiques de l'adolescent ont des expressions multiformes (troubles du comportement alimentaire, troubles digestifs divers, dorsalgies, acné, ...).

Ces troubles ne sont qu'un des aspects des manifestations polymorphes de cette période de la vie.

Les troubles plus purement psychiques (dépression, bouffées délirantes, suicide) sont également fréquents, comme les troubles du comportement (scolaire, familiaux, sociaux,...).

Souvent, nous retrouvons une association ou une succession de manifestations.

Si chacun peut, en fonction de ses intérêts, de son domaine de compétence, de son lieu d'intervention, avoir des regards différents, nous allons retrouver des constantes.

* Le symptôme a à être mis en lien avec le problème existant.

Il existe en effet une distance entre ce qui est mis en avant, et ce qui est causal.

La richesse des pathologies de l'adolescence, leur foisonnement, peut fréquemment être mis en lien avec un problème familial sous-jacent : dépression parentale, des ou surinvestissement du jeune, troubles de la communication, crises de couple, ...

Nous verrons à travers divers exemples cliniques que les manifestations psychosomatiques peuvent être lues comme une expression métaphorique du problème familial relationnel sous-jacent.

* L'adolescent est souvent pris dans un système de loyautés invisibles qui lui interdisent de faire un chemin vers sa propre autonomie.

Ces loyautés, en empêchant l'échange et la confrontation nécessaire, favorisent l'intériorisation des troubles et l'expression corporelle des souffrances psychiques et relationnelles.

* Ainsi, l'adolescent soucieux de l'état familial, pris dans des conflits parentaux non dits ou au contraire omniprésents, empêché de s'intéresser à ses propres questions, préoccupé qu'il est des relations interpersonnelles, bref mis en situation d'être parentifié, peut se tourner vers une pathologie personnelle qui sera une proposition de "solution" aux questions qui ne peuvent être traitées.

* Le plus souvent, les difficultés relationnelles empêcheront de rendre lisible ce message, et il faudra au jeune "faire toujours plus de symptômes" pour essayer de maintenir l'équilibre familial.

Cet équilibre est bien sûr illusoire, et la fuite en avant dans le symptôme amène l'ado à s'ancrer dans la pathologie et dans la victimisation, faute de voir sa contribution au système familial reconnue.

* Le travail thérapeutique tourné vers le contexte, la reconnaissance de la contribution de chacun, la levée des loyautés invisibles et l'explicitation de loyautés constructives ouvriront le chemin vers la résolution des problèmes présentés.

C'est bien autour de la recherche des ressources personnelles et groupales réelles, de la reconnaissance de la souffrance de chacun, de l'établissement d'un état de "comptes relationnels" de la famille, que deviendra possible que ces expressions polymorphes ne conduisent l'adolescent, ni à être de manière répétitive une future victime, ni à s'ancrer dans un mode d'échange où la souffrance et la maladie soit la seule forme possible d'individuation.

* Nous pourrons, à travers diverses situations cliniques, explorer la richesse et la pertinence de cette approche, notamment dans le cadre de ces familles chaotiques que nous rencontrons de plus en plus fréquemment.

 


Entre l'acte et la pensée... il y a un son

Michèle QUINTIN. Psychologue


 Travaillant depuis 1985 sur les troubles liés au stress (psycho-somatique, anxiété et états dépressifs), j'ai très rapidement utilisé la relaxation comme approche dans pratiquement toutes mes relations thérapeutiques. L'approche corporelle et la musique sont donc devenus mes outils.

Avec les personnes stressées, je me suis rendue compte qu'elles avaient une perception du temps différente des autres, avec une inscription corporelle associée, qui entretenait en fait leur problème de stress. Elles désirent, en général, aller de plus en plus vite. Le monde extérieur est ressenti comme un frein. Elles poussent leur rythme intérieur à l'accélération et considèrent que les choses vont trop lentement. Il y a une sorte de poussée en avant, au niveau du corps et de la pensée ; elles ne sont pas dans ce qu'elles font mais, déjà, dans ce qu'elles feront ensuite... En travaillant sur la perception du corps à déposer, sur la différence entre le continu et le discontinu, sur le rythme et le silence derrière le son, on peut modifier quelque peu cette perception du temps "accéléré" et jouer avec les trésors de la subjectivité individuelle pour édulcorer la tension.

Les sons et les injonctions idéo-motrices permettent de dépasser les résistances habituelles. L'installation d'une "scène sonore" et la visualisation mentale peut affiner et faciliter ce travail.

Avec les états dépressifs, c'est plutôt le terrain émotionnel qui sera travaillé. Je plante un décor (par la musique, les sons naturels et/ou la mélodie) afin d'amener à une pensée créatrice et "transporter" mes suggestions ; vient s'ajouter alors la perception d'un mouvement.

Et là, se crée - dans le creuset de la profondeur inconsciente " une sorte de conciliation, je l'appellerais même une sorte d'heureuse alchimie entre les sons, les mots, le mouvement... et la stratégie thérapeutique.

 


Hypnose en sexologie : travail avec les couples

Docteur Gérard RIBES. Psychiatre


Pierre JANET dans son travail a développé l'idée "d'existences psychologiques simultanées", états de conscience différents fonctionnant en parallèle. Il introduit d'autre part la notion de "désinvestissement", véritable état hypnotique.

On pourra donc considérer l'état amoureux/désirant et la sexualité comme des états hypnotiques.

Une pathologie liée entre autre aux phénomènes de trivialisation des couples pourra être prise en charge par l'hypnose. Elle consistera à un hétéro-apprentissage de l'induction reprit à domicile et un travail d'écriture.

 


Douleur chronique : quelques apports nouveaux

Docteur Alain VALLEE . Psychiatre-Psychothérapeute


 Il ne s'agit pas ici de reprendre in extenso le travail éricksonnien avec la douleur chronique, ce qui serait trop long, mais d'insister sur deux apports différents, mais complémentaires.

D'une part ceux des post-éricksonniens représentés par Steve de Shazer, Imso Kim Berg, Bill O' Hanlon : il s'agit du courant des thérapies orientées vers les solutions dont la base technique est une dissociation par l'anticipation.

D'autre part, l'utilisation d'une technique nouvelle en France, mais prometteuse : E M D R - traduction française : désensibilisation et réassociation par les mouvements oculaires. Cette technique basée sur un retraitement cognitif accéléré par des mouvements oculaires est très utilisée dans les syndromes post-traumatiques, mais son apport est très intéressant en matière de douleur, notamment lorsque celle-ci est traumatique ou s'accompagne d'anticipation négative puissante ; également pour favoriser le travail de métaphorisation.

 


Peut-on guérir de l'abus sexuel ? Approche biopsychophysiologique.

Professeur Alain WATIER, Gastro-Entérologue


 Les conséquences à long terme des abus sexuels chez les enfants n'aboutissent pas toujours à des problèmes de maladaptation chronique. Par contre, on décrit souvent des problème psychologiques persistants, comme des problèmes d'ajustement et de dysfonction sexuelle, des problèmes de personnalité, des problèmes d'abus d'alcool et de médicaments de même que des troubles nutritionnels (anorexie et boulimie). On remarque aussi un taux plus élevé de suicides et de dépressions chez les patientes victimes d'abus sexuel.

Il n'y avait jusqu'à dernièrement que très peu d'études qui discutaient de la vulnérabilité physique de ces patientes. On parlait le plus souvent de somatisation ou de douleurs pelviennes chroniques. La littérature récente a cependant bien documenté que ces patientes étaient soumises à de multiples investigations et étaient même victimes d'interventions chirurgicales inutiles. Elles peuvent aussi présenter des manifestations médicales importantes, à savoir des troubles digestifs, des migraines, des lombalgies chroniques, un syndrome de fatigue chronique, des problèmes de fibromyalgie, etc...

Les pathologies digestives fonctionnelles (côlon irritable, dyspepsie non ulcéreuse, douleurs abdominales chroniques) surviennent le plus souvent chez les femmes. La pathogénèse de même que le traitement curatif de ces maladies demeurent actuellement inconnues.

 

Plus de 40 % des femmes qui consultent pour des problèmes chroniques sérieux de côlon irritable ont été abusées soit physiquement soit sexuellement dans leur vie. Elles présentent souvent de l'anisme (la patiente contracte son plancher pelvien plutôt que de le relaxer lors d'une manoeuvre de défécation). Cette anomalie est un marqueur biologique physiologique souvent présent chez les patientes abusées.

Pouvons-nous guérir les survivantes d'abus sexuel ?

 


L'état de Stress traumatique aigu.

Etzel CARDEÑA, Ph.D


Les travaux de l'auteur, en collaboration avec David SPIEGEL, ont permis de mettre à jour une nouvelle défintion du stress traumatique aigu dans le DSM IV.

Des nouveaux critères sont retenus pour poser ce diagnostic, et l'auteur, à partir de son expérience clinique passe en revue ces différents points permettant de valider ce diagnostic.

Les similitudes entres ces troubles dissociatifs et la séance hypnotique permettent de mieux utiliser le contexte hypnotique thérapeutique.

Il sera expliqué la conduite de l'hypnose dans ce processus thérapeutique. 


Psychodermatologie : de la peau à la psyché...

Dr Marie-Laure HAMON. Dermatologue-Psychanalyste

Dr Michèle SIMON. Dermatologue-Hypnothérapeute.


 A partir d'observations cliniques, les animatrices de cet atelier vont dégager une approche psychosomatique orientée vers ce type de patients porteurs d'eczéma, acné, pelade décalvante, psoriasis, lichen, etc.

Les contextes particuliers dans lesquels évoluent ces troubles, et les différentes thérapies qui peuvent être proposées, en fonction de la demande et des personnalités rencontrées seront évoquées et développées.

L'interaction avec les participants permettra d'aborder la pathologie psychodermatologique sous différents modes.

 


L'affront du reflux et des ulcères , personnalités et maladies digestives.

Dr Victor SIMON. Gastro-Entérologue - Psychothérapeute.


 Depuis l'apparition des anti-ulcéreux, la maladie gastro-duodénale s'est transformée dans sa symptomatologie clinique, endoscopique et physiologique. Le reflux gastro-oesophagien est en augmentation depuis l'apparition des anti-sécrétoires et réalise symboliquement l'affront fait à l'estomac et le refus de celui-ci à se laisser tarir. Les troubles digestifs coliques, fonctionnels ou organiques correspondent, quant à eux, à plus de la moitié de l'activité d'un gastro-entérologue, l'auteur se pose la question de la justification d'un traitement médicamenteux au long cours qui nie toute possibilité d'évolution des patients. D'autant que ceux-ci s 'améliorent régulièrement au cours des séances d'hypnose ou de thérapie.

L'étude des personnalités (névrose d'angoisse, hystérie, obsession, hypocondrie...) et les maladies d'emprise et d'attachement) et de leurs symptômes digestifs, permet d'approcher le patient et ses troubles de façon écologique: respecter le symptôme et son sens, en faire un allié plutôt qu'un ennemi.

L'hypnose ericksonienne et la thérapie brève stratégique réalisent cette nouvelle approche psychosomatique pragmatique qui permet au patient d'évoluer vers le changement et éviter ainsi la rechute.

 


L'hypnose par le corps - Atelier

Dr Victor SIMON - Gastro-Entérologue Psychothérapeute


Lors de leur session d'hypnose, certains patients signalent l'apparition de sensations corporelles variées et variables, sans parfois pouvoir mettre les mots qui les caractérisent.

Bien souvent le thérapeute, habitué à travailler avec les affects ou les mots, se trouve engagé ( à son corps défendant !) dans un travail corporel, parfois exclu de son apprentissage ou de son référent.

L'hypnose par le corps utilise les réponses somatiques du sujet et permet d'accéder à des réponses, mais aussi à des réinterprétations et des recadrages spontanés, que le thérapeute accompagne tout au long de la transe hypnotique en stimulant la créativité thérapeutique du patient au cours de son travail inconscient.

L'auteur présente son travail de recherche clinique et thérapeutique.

Appel à volontaires pour application thérapeutique et démonstration.

 


Les mots du corps . Communication

Les désomatisations . Atelier.

Pr Ghislain DEVROEDE.. Chirurgien


Texte non communiqué.

 


Entraide Sociale Mutifamiliale

Entraide sociale multifamiliale. Communication

Mohammed El Farricha. Psychologue


En cours d'installation


Hypnose avec les familles précaires. Atelier

Mohammed El Farricha. Psychologue


En cours d'installation

 

 

 


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